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mardi 20 janvier 2004

 Abdel, le syndicaliste des fast-foods
 
 Stages sans lendemain, CDD, temps partiel imposé... On appelle çale travail précaire. Un univers où,  bien souvent, les salariés rentrent la tête dans les épaules en attendant des jours meilleurs. Tous ? Non.  Certains se bagarrent. Comme Abdel Mabrouki. Il est devenul'une des figures de proue des salariés de la  restauration rapide.

 

Abdel Mabrouki n'a ni home-cinéma ni voiture. A 31 ans, il habite toujours chez ses parents, à Levallois-Perret, près de Paris. « Je n'ai aucun emprunt à rembourser. Je suis libre. Libre de dire ce que je pense et de faire ce que je veux. » ll ne s'en prive pas... Depuis près de sept ans, ce Français d'origine algérienne mène une guérilla syndicale quasi permanente contre son employeur, une filiale de la chaîne Pizza Hut. Sept ans de grèves, de manifs et de procédures judiciaires qui ont fait de ce petit homme (1,68 m) un des grands porte-parole des salariés de la restauration rapide.

Cheveux courts, lunettes rondes de « super-myope », le jeune homme remonte le fil de son histoire. « L'école, c'était pas mon truc. J'ai lâché le collège en 5e. Après, j'ai fait des stages, des formations... J'ai aussi bossé en intérim... » Parcours classique de 'jeune précaire issu de l'immigration', qui l'amène à la case 'restauration rapide', chez Pizza Hut, en juin 1993. Trois ans plus tard ­ après moult prises de bec avec ses chefs directs ­ il prend sa carte à la CGT et se retrouve propulsé délégué syndical. « Je n'avais pourtant pas le profil... Aucune éducation, plutôt timide, pas vraiment de conscience syndicale ou politique. Mais les volontaires ne se bousculaient pas... » Il se lance, devient délégué du personnel et membre du comité d'entreprise. « Élu du peuple des salariés. » Élu certes, mais minoritaire : aux scrutins professionnels, les listes CGT arrivent en 2e position derrière des listes 'indépendantes'. « Et ce alors que le nombre de votants est très faible : environ 200 sur 1 700 salariés. » (1).

Dans une activité où le turn-over des salariés est la règle, Abdel Mabrouki s'est incrusté. Licencié deux fois, il a été réintégré deux fois, après jugements des prud'hommes. « Je ne suis pas maso. Me bagarrer au tribunal avec mon patron, ce n'est pas le but de mon existence. Mais j'ai ma fierté : je n'ai pas eu envie de lâcher le morceau aux premières pressions. » Peu à peu, le novice a découvert les subtilités du code du travail et les arcanes du capitalisme mondialisé. « Au-dessus des salariés de ma boîte, il y a la direction française. Et encore au-dessus, un mégagroupe américain avec 32 000 points de vente sur la planète, filiale de Pepsi Cola. » Le beur parisien face à la multinationale US... L'image fait sourire l'intéressé mais il l'accepte sans rechigner. « En partant de trucs aussi basiques que la sécurité des livreurs en cyclos ou l'installation de vestiaires corrects, on en arrive à parler d'un monde où il n'y en a que pour le dollar. »

Après avoir bataillé avec son employeur, Abdel Mabrouki a élargi son champ d'action, participé à plusieurs grandes grèves dans des fast-foods parisiens. « J'ai apporté mon expérience aux copains du MacDo Strasbourg-Saint-Denis : 115 jours de grève au moment de la présidentielle de 2002. » Râleur impénitent, Albdel Mabrouki a aussi mis les pieds dans le plat à la CGT. « En faisant profil bas, j'aurais sans doute pu y devenir l'arabe de service. Mais je n'ai pas pu m'empêcher de critiquer la manière dont fonctionne ma fédération. Alors, bon, ma cote a baissé... Mais je m'en fous : je ne me suis pas lancé là-dedans pour faire carrière comme permanent. »

Mal vu au boulot ; pas franchement en odeur de sainteté à la CGT... Sombre bilan ? « Mais non ! Tout ce que j'ai fait ces dernières années m'a enrichi. Enfin, pas financièrement, corrige-t-il en rigolant. Avec un salaire royal de 460 € par mois pour mon mi-temps, ça risquait pas. Mais humainement, j'ai beaucoup appris. Moi qui n'ai aucun diplôme, je me suis retrouvé à négocier avec des bacs + 5 » et à discuter de la situation des précaires avec des juristes, des universitaires et des politiciens : des socialistes (« Je suis de la génération Mitterrand ») aux trotskistes (il avoue un faible pour Besancenot). « J'ai appris à parler en public. Pendant les grèves, comme personne ne voulait rencontrer la presse, je m'y suis collé. Ça ne m'a pas déplu : je suis passé chez Ruquier, à la radio, dans les journaux. On m'a même reconnu dans la rue. » Presque aussi bien que la Star Ac'... « J'ai pu prendre la grosse tête à certains moments. Mais pour redescendre sur terre, il m'a suffi de regarder ma feuille de paie. »

Abdel Mabrouki n'a donc pas à se faire violence pour mener la campagne de promotion de son livre, sorti il y a quelques jours. Le 'bébé' s'appelle Génération précaire. 148 pages pour retracer dix ans d'engagement. La fin d'un cycle ? « Peut-être une façon de préparer ma 'reconversion'. Mais... chut... Je ne voudrais pas que mes patrons sortent le champagne ! »

 

Alain GUYOT.

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14 janvier 2004

 

Discrimination syndicale Témoignage

Génération précaire

Il est celui qui a fait entrer la contestation dans un désert syndical. La direction ne lui a jamais pardonné. Licencié deux fois. Réintégré deux fois. Abdel Mabrouki, secrétaire général du syndicat CGT Pizza Hut-SEPSA, a tenu bon. Chez Pizza Hut, le turn-over des effectifs fait partie du management, mais lui est là depuis plus de dix ans. Dix longues années dans l'enfer de la précarité, de la répression, du mépris du droit du travail, des humiliations, des coups bas. Il y a occupé tous les postes de travail, du standard à la préparation des ingrédients, en passant par la plonge, " poste fixe, mécanique, qui laisse le temps de discuter avec ses collègues ", écrit-t-il dans Génération précaire, son livre témoignage (1).

" Abdel, tu laisses ton cerveau à l'entrée. On ne te paie pas pour réfléchir ", lui a lancé son manager au moment de l'embauche. Au travail, le silence est de rigueur. " parler fait toujours prendre du retard à la pizza ". Pour tenir, Abdel Mabrouki décide au contraire d'écouter les doléances de ses collègues et s'éveille au syndicalisme. Dans son livre, il raconte tout, les brimades, les premières élections, les premières grèves, historiques dans ce secteur, puis toutes celles qui ont suivi, les liens noués avec des frères de galère de chez McDonald ou Disneyland, les actions surprises où rien de concret n'est gagné, sauf, et c'est essentiel, du respect et de la dignité - " après un conflit, même très court, les relations sont plus humaines " - les longues luttes victorieuses aussi, qui ont amené le patronat à plier.

Il raconte un engagement syndical qui a donné un nouveau sens à sa vie même s'il est emprunt de beaucoup de désillusions. Abdel Mabrouki est à la CGT, de la CGT, mais il n'est pas tendre avec la " vieille confédération " qu'il juge " trop coupée du terrain ". Il débat aussi des formes d'actions syndicales, appelle à " s'ouvrir aux luttes plus radicales ", défend la création du collectif CGT restauration rapide, réseau informel qui pratique " des grèves tournantes " et " débarque " à plusieurs dans un restaurant. " Si on vient seul, le manager n'arrête pas de nous suivre et les salariés n'osent pas se confier ", témoigne-t-il. Avec ce livre, Abdel Mabrouki continue sa bataille dans un univers salarial où le simple fait de raconter l'envers du décor fait partie du combat.

P. M.

(1) Abdel Mabrouki, Génération précaire, le Cherche-Midi, 2004

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lundi 15 décembre 2003

Les grévistes de Pizza Hut dans la rue

PIZZA HONTE », « Pizza ouste », « Pizza lutte ». Une vingtaine d'employés en grève depuis 16 jours sont allés scander ces slogans, samedi matin, devant le premier Pizza Hut de Paris pour le chiffre d'affaires : avenue de Wagram (XVII e ). Aujourd'hui six magasins de Paris et de la proche banlieue sont toujours fermés. Le service est ralenti dans six autres enseignes du groupe. Les grévistes demandent à leur direction la réintégration d'un de leurs collègues, un superviseur - chargé de gérer dix magasins - licencié il y a un mois. Autre revendication : le treizième mois et l'amélioration des conditions de sécurité. « Nous demandons la reprise des négociations. Les deux précédentes ont échoué car Pizza Hut refuse de parler d'argent. Nous demandons un treizième mois que nous estimons largement justifié. Les employés de Pizza Hut travaillent dans des conditions qui méritent d'être améliorées. Les livreurs prennent des risques en se déplaçant sur des mobylettes pas toujours en bon état », explique David, jeune manager adjoint dans le IX e arrondissement.
Six magasins fermés, six autres avec un service ralenti Lui se plaint de faire le travail d'un manager. « Pizza Hut fait des économies sur tout. Sur mon magasin, il n'y a pas de manager attitré. Les adjoints sont obligés de faire le travail de leur supérieur pour un salaire moindre. On ne veut plus accepter ce mode de gestion », ajoute David. Tous les manifestants présents samedi ont choisi de se syndiquer tout récemment à la CGT. « Auparavant la culture syndicale n'existait pas dans cette société », précise un gréviste. Après avoir arrosé les trottoirs de l'avenue de Wagram de farine, les grévistes ont poursuivi leur distribution de tracts en marchant jusqu'à un autre Pizza Hut situé dans le quartier de l'Opéra.

Marie Ottavi

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Vendredi 12 décembre 2003

Les salariés de Pizza Hut poursuivent la lutte

Quatorze jours de grève pour les salariés parisiens de Pizza Hut, et toujours rien. Entamées le 20 novembre, les négociations salariales, qui devaient se conclure hier, n’ont pas abouti. Neuf magasins sont fermés et onze managers sont toujours en grève, en raison du « blocage » de la direction de Pizza Hut sur la délivrance d’un 13e mois.
Six autres magasins restent par ailleurs fermés, et neuf autres managers sont également en grève, à la suite du licenciement d’un responsable de secteur.
Au total, le mouvement concerne près de 200 salariés, sur les 4 000 qu’emploie Pizza Hut dans ses 130 succursales en France

 

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mardi 04 décembre 2003

 

Pizza Hut : les salariés dénoncent leurs conditions de travail

En grève depuis six jours, des salariés de Pizza Hut ont investi hier le siège social de l'entreprise à Nanterre (Hauts-de-Seine). Ils dénoncent un climat social pesant fait de licenciements, de «conditions de travail exécrables» et de salaires bloqués. Le mouvement de grève touche Paris et sa région, avec une quinzaine de restaurants fermés, selon la CGT. En fin de journée, Pizza Hut acceptait d'ouvrir des négociations.

 

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 jeudi 04 décembre 2003


Plusieurs Pizza Hut en grève

UN PEU PARTOUT, des grèves, menées ou relayées par la CGT. La librairie Flammarion du Centre Beaubourg a tenu le piquet trois semaines. Les McDo de Strasbourg Saint-Denis gardent fermement leur camp retranché depuis le mois de mars. Et depuis vendredi, les restaurants Pizza Hut ont rejoint la contestation. « Quinze établissements sont en grève, avance Abdel Mabrouki, délégué CGT des employés de la chaîne de livraison de pizzas. On demande des négociations immédiates. » Rue de Provence, rue Rougemont, mais aussi à Levallois (92) et à Saint-Ouen (93), les restaurants sont fermés. Rue Ordener, une partie du personnel a débrayé. Hier présents en nombre au siège social de Pizza Hut, à Nanterre (92), ils dénoncent les licenciements abusifs, le harcèlement des salariés, la fermeture d'unités, les salaires bloqués, et estiment leurs conditions de travail exécrables.

 

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lundi 01 décembre 2003

Accusés, jugés, relaxés
L'un dirige la CGT du Calvados, l'autre est salarié chez Pizza Hut. Les deux ont été poursuivis au pénal. Les procédures ont duré deux ans.

Thierry Lepaon, responsable CGT à Caen, accusé d'avoir molesté un huissier.

«Pour bien balayer l'escalier, il faut commencer par le haut», cite Thierry Lepaon. «C'est de Marx. C'est ce que font les patrons en poursuivant les leaders syndicaux pour démoraliser les salariés. Dans mon cas, l'affaire a traîné deux ans, devant le juge d'instruction et en correctionnelle. Pour finir par une relaxe.» Un soir de juillet 2001, Thierry Lepaon, alors responsable de la CGT de Caen, rejoint les filles de l'entreprise agroalimentaire IAM Pescanova. Elles viennent d'apprendre la liquidation de leur entreprise et tiennent une réunion dans le local syndical. L'employeur, accompagné d'un huissier, pénètre dans le local, ce que le code du travail leur interdit en principe, et veut imposer une réunion du CE pour valider la liquidation de l'entreprise. En vain.

Quelques mois plus tard, l'huissier porte plainte contre Thierry Lepaon pour violence et voie de fait. Il l'accuse de l'avoir repoussé violemment hors du local. «A ma première convocation, j'ai passé quatre heures devant le juge d'instruction. Comme un bandit : nom du père, âge, profession... J'ai su plus tard que j'avais été suivi pendant plusieurs jours par des policiers. Qu'ils avaient vérifié que j'étais bien marié, père de trois enfants...»

Pendant deux ans, jusqu'à l'ouverture de son procès, Thierry Lepaon se sent comme un «accusé permanent». «Je devais demander une autorisation pour sortir du territoire. J'ai été convoqué trois fois chez le juge d'instruction, sous peine de voir débarquer chez moi des policiers. Je ne gérais plus ma vie. Sur le terrain, dans mes combats syndicaux, j'étais toujours "celui qui a tapé sur l'huissier". On ne parlait plus des filles qui avaient perdu leur emploi, on ne parlait plus de droit social ou de reconversion, mais des démêlés judiciaires du méchant syndicaliste.» Il risque la prison avec sursis, l'inscription de fait de violence sur son casier judiciaire, l'interdiction d'être à nouveau élu délégué du personnel : «La fin de mon engagement politique et syndical.»

A la barre, Me Marie-Laure Dufresne-Castet prouve la nullité du constat que l'huissier s'est dressé à lui-même. «A partir de là, c'était à lui de prouver qu'il avait été frappé, ce à quoi il n'est jamais parvenu, explique l'avocate. Les témoins se contredisaient, la chemise qu'il portait le soir de son "agression" était impeccable.» Thierry Le Paon est relaxé. «Mais tout ça laisse des traces, lâche le syndicaliste. Même parmi les vôtres, alors que vous venez de clamer votre innocence devant un comité de soutien, il y a toujours quelqu'un qui vous prend à part, en vous regardant comme un héros : "Entre nous, tu peux le dire, qu'est-ce que tu lui as mis ?"»

Abdel Mabrouki, salarié chez Pizza Hut, collectionne les ennuis judiciaires depuis sept ans.

«Ça fait bizarre d'être mis en examen.» Délégué CGT chez Pizza Hut, Abdel Mabrouki s'est retrouvé au pénal pour avoir rédigé un tract. Ça fait sept ans qu'il collectionne les ennuis judiciaires, mais il est toujours là. En décembre 2001, un coursier de l'entreprise meurt dans un accident au Mans, alors qu'il livre une pizza. «Shame on you, Pizza Hut», écrit Abdel Mabrouki, dénonçant le manque de sécurité de salariés, toujours poussés à aller plus vite.

La direction se sent diffamée, attaque en 2001. Deux ans de procédures... et les juges viennent juste de se prononcer. Fin octobre, le syndicaliste a été relaxé. Les faits ne relèvent pas de la diffamation publique, estiment les juges. La direction de Pizza Hut retient surtout que les faits ont été prescrits (la plainte n'a pas été déposée dans les temps). Abdel Mabrouki, lui, voit plutôt deux ans de prise de tête et de perte de temps. «Quand t'es un syndicaliste actif, ils te font des procédures, explique-t-il. Au bout d'un moment, tu ne fais plus que ça, organiser ta défense. Tu ne penses qu'à toi, pas aux salariés.»

Abdel Mabrouki est entré chez Pizza Hut en 1993 comme employé polyvalent. En 1996, il devient délégué syndical CGT dans une entreprise guère habituée au syndicalisme d'opposition. La direction conteste devant les tribunaux son mandat. Elle perd en cassation. En 2000, elle tente de le licencier, par deux fois. Motifs : refuse de décongeler les lardons et travaille avec lenteur. Echec des procédures, le ministère de l'Emploi exige la réintégration du salarié. Entre-temps, Abdel Mabrouki est devenu un syndicaliste à la tête dure. Un de ceux qui répondent à la direction, dénoncent les pneus lisses et les rétros cassés des Mobylette de livraison. En 2001, il mène une grève dans le restaurant phare du groupe, celui d'Opéra à Paris. Les médias parlent de l'événement. Lui se rend compte que lorsqu'on a du mal à mobiliser les salariés en interne, un article dans la presse est un bon moyen de pression. 31 ans, lunettes d'intello, Abdel Mabrouki est du genre discret mais teigneux. Il s'énerve rarement. «La direction a bien essayé de me faire péter les plombs en m'envoyant des managers qui me provoquaient. Ils voulaient que je dérape sur le terrain de la violence...» Pour une nouvelle procédure ? Ça n'a pas marché. La semaine dernière, c'est lui qui attaquait Pizza Hut. Faire reconnaître son mandat syndical sur l'ensemble des sociétés que constitue le groupe. La justice lui a donné raison.

Aujourd'hui, Pizza Hut calme le jeu. «On applique à Abdel Mabrouki les mêmes règles qu'aux autres salariés, dit Patrick Deshais, responsable des ressources humaines. La justice a parlé, allons de l'avant.» Changement de ton, Pizza Hut tente depuis peu une nouvelle approche. Evolution personnelle, plan de carrière, le DRH a demandé à Abdel Mabrouki ce qu'il aimerait faire dans l'entreprise. «Prendre votre place ou celle du PDG», a-t-il répondu.

Par Sonya FAURE et Cécile DAUMAS

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 samedi 29 novembre 2003

Social

Grève chez Pizza Hut

UNE TRENTAINE d'employés de la chaîne de restauration Pizza Hut, peu habitués aux grèves, ont pourtant débrayé hier pour dénoncer leurs conditions de travail. Ils se sont réunis devant le restaurant Opéra, boulevard des Italiens (II e ), à l'appel de la CGT du commerce et des services. « Contre les licenciements abusifs, inquiets de leurs conditions de travail et de la fermeture prochaine de 10 points de vente Pizza Hut », énumère Abdel Mabrouki, délégué CGT, récemment sorti vainqueur d'une procédure en diffamation intentée par son employeur. Ils ont exigé l'ouverture de négociations salariales. En mars, les salariés du restaurant Bonne-Nouvelle (X e ) avaient fait grève trois semaines pour des revendications salariales et obtenu satisfaction.

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mercredi 22 octobre 2003

Justice
Pizza Hut débouté en diffamation
 

ABDEL MABROUKI est soulagé : « Je n'aurai pas 1 € à verser à mon employeur. » Hier après-midi, la 17 e chambre du tribunal correctionnel de Paris rendait son jugement dans l'affaire en diffamation publique lancée par Pizza Hut à l'encontre de son employé. Celui-ci, délégué de la CGT, avait dénoncé dans un tract syndical datant du 14 juin 2001 les conditions de sécurité des livreurs, et notamment l'état de leur cyclomoteur. Le billet avait été affiché dans tous les établissements franciliens du géant de la pizza à domicile. Hier, les magistrats ont jugé les poursuites prescrites, car déposées plus de trois mois après le tract. Mais ils ont estimé que la diffamation publique n'aurait pas pu être qualifiée, n'ayant pas la preuve qu'Abdel Mabrouki ait voulu donner à son document un écho « au-delà du cercle des salariés des sociétés exploitant la marque Pizza Hut ».

J.Cl.

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| 21.10.03 | 16:29

Les poursuites contre le syndicaliste
jugées prescrites



Pizza Hut poursuivait un délégué CGT pour diffamation publique. Abdel Mabrouki avait rédigé un tract critiquant les conditions de sécurité des livreurs.

Les poursuites pour diffamation publique engagées par Pizza Hut contre un délégué CGT, Abdel Mabrouki, ont été jugées prescrites mardi par le tribunal correctionnel de Paris, la plainte ayant été déposée plus de trois mois après les faits reprochés.
Abdel Mabrouki é